IA pour le PDG : quatre questions suffisent à arbitrer
L'IA pour le PDG ne commence pas par comprendre la technique. Elle commence par savoir quoi demander quand on vous présente un projet, et par reconnaître les réponses qui n'en sont pas.
Quatre questions suffisent. Elles se posent sans aucune connaissance technique.
Le rendez-vous que vous avez déjà eu
Un prestataire vous présente une solution qui va transformer votre relation client. La démonstration est bonne. Vous ne savez pas quoi objecter, alors vous demandez un devis, et vous repoussez la décision.
Ce n'est pas un manque de compétence technique. C'est un défaut de questions.
Le même rendez-vous se produit en interne, quand un collaborateur enthousiaste vous propose d'outiller son service. Vous dites oui parce que le refus paraît rétrograde, ou non parce que le sujet vous échappe. Les deux réponses sont mauvaises.
Vous savez déjà ce que vous cherchez ?
Prendre rendez-vous avec France IAPremière question : quelle tâche, et qui la fait aujourd'hui
Demandez le nom de la tâche et le nom de la personne. Pas le service, pas le processus : la tâche et la personne.
« Améliorer la productivité du service client » n'est pas une tâche. « Rédiger la première réponse aux demandes de garantie, ce que fait Sylvie tous les matins pendant une heure et demie » en est une.
Un projet sans tâche nommée n'a pas de périmètre. Sans périmètre, il n'aura ni résultat mesurable ni fin.
C'est le filtre le plus efficace, et il élimine la moitié des propositions.
Deuxième question : que se passe-t-il quand ça se trompe
Tout système de ce type produit des erreurs. La question n'est pas de savoir s'il se trompera mais ce que coûtera l'erreur, et surtout si vous la verrez.
Une erreur sur une première version de courrier se voit à la relecture et coûte deux minutes. Une erreur sur un classement de dossiers ne se voit pas, et vous découvrez au bout de six mois que la moitié des demandes d'une certaine catégorie ne sont jamais arrivées au bon endroit.
Classez donc les usages selon la visibilité de leurs erreurs, pas selon leur difficulté technique. Les usages sûrs sont ceux où quelqu'un relit avant que ça parte.
Troisième question : combien de temps prend la tâche aujourd'hui
Regardez le temps réellement passé avant de regarder le prix de l'outil. Cette inversion évite la plupart des projets décevants.
Une tâche qui prend deux heures par mois ne justifie pas trois semaines de mise en place, quel que soit le coût de la licence. Une tâche qui prend deux heures par jour justifie un investissement sérieux, même si l'outil est cher.
Le coût principal n'est d'ailleurs presque jamais la licence. C'est le temps de mise en place, et le temps de vérification que la nouvelle façon de faire exigera.
Quatrième question : qui va s'en servir tous les jours
Un usage qui tient vient toujours de quelqu'un qui a réglé son propre problème, puis l'a montré à ses collègues. Il ne vient jamais d'un référent transversal ni d'une note de service.
Demandez donc qui portera l'usage au quotidien, et si cette personne a le temps de s'y mettre. Si la réponse est le service informatique, l'usage restera une démonstration.
Votre rôle n'est pas de choisir l'outil. Il est de donner du temps à la bonne personne, et de le dire assez fort pour que ce temps existe vraiment. Ce que font les entreprises qui réussissent sur ce point est le sujet de notre article sur ce que font les entreprises qui s'en sortent.
Ce que cet article ne fait pas
Il ne définit pas l'apprentissage automatique ni les réseaux de neurones. Un dirigeant qui apprend ces notions n'arbitre pas mieux, il parle mieux, ce qui n'est pas la même chose.
Il ne dit pas non plus combien de temps ni d'argent un projet vous fera gagner. Cela dépend de la tâche, du volume et de votre niveau de vérification, et personne ne peut l'annoncer avant de les connaître.
Ce qui se transmet, c'est de savoir tenir un rendez-vous de présentation sans être ni crédule ni bloquant. Nous le travaillons en formation IA pour dirigeant, en présentiel sur deux jours, neuf apprenants au maximum par session, sur vos propres dossiers.
Le choix du premier cas d'usage est traité dans notre article sur par où commencer.
Reprenez la dernière proposition qu'on vous a faite. Posez la première question.