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L'intelligence artificielle expliquée simplement : trois familles, pas une

L'intelligence artificielle expliquée simplement tient en une distinction : ce sont des programmes qui apprennent des régularités à partir d'exemples, au lieu de suivre des règles écrites à la main. Il en existe trois familles, et on ne parle que de la plus récente.

Les deux autres tournent déjà chez vous depuis des années.

Première famille : reconnaître

Ce sont les systèmes qui rangent quelque chose dans une catégorie. Votre banque classe une opération comme suspecte ou normale. Votre messagerie classe un message comme indésirable. Un logiciel comptable reconnaît le montant et le numéro sur une facture scannée.

Aucun ne produit de contenu. Ils décident à quelle case appartient ce qu'on leur montre.

C'est la famille la plus ancienne, la plus fiable et la plus discrète. Elle fonctionne si bien que personne ne l'appelle intelligence artificielle.

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Deuxième famille : prédire

Ces systèmes estiment ce qui va se passer à partir de ce qui s'est passé. Un prévisionnel de stock, une estimation de délai de livraison, un score de risque sur un dossier de crédit.

Ils ne rangent pas, ils avancent un nombre accompagné d'une incertitude. Cette incertitude est la partie que les présentations commerciales oublient et qui décide de tout.

Une prédiction sans marge d'erreur n'est pas une prédiction, c'est un pari mis en forme.

Troisième famille : produire

La dernière arrivée est celle dont on parle. Elle fabrique du texte, des images, du son ou du code, à la demande.

C'est aussi la seule dont vous vous servez directement en tapant une phrase, ce qui explique sa visibilité : les deux autres travaillent sans que vous les voyiez.

Son fonctionnement et ses erreurs propres méritent leur propre explication : voyez notre article sur la branche générative, celle qui produit du contenu.

Ce qui n'est pas vrai, malgré les films

Ces programmes n'ont pas conscience d'eux-mêmes et ne comprennent pas ce qu'ils manipulent. Un système entraîné à une tâche est incapable d'en faire une autre sans un nouvel entraînement.

Ils ne décident pas non plus tout seuls d'objectifs. Un système fait ce pour quoi il a été entraîné, sur les données qu'on lui a données, avec les travers de ces données.

La bonne question n'est donc jamais « est-ce que la machine pense ». C'est « sur quoi a-t-elle appris ».

Les deux questions à poser devant n'importe quel système

Vous n'avez pas besoin de comprendre la technique. Vous avez besoin de deux réponses, et elles se demandent sans aucune connaissance particulière.

Sur quelles données le système a-t-il appris. Un outil calé sur les décisions passées d'une organisation reproduit ces décisions, y compris leurs travers, et il le fait vite et régulièrement, ce qui amplifie l'effet plutôt que de le corriger.

Que se passe-t-il quand il se trompe. Une erreur sur un classement de courrier indésirable se rattrape. Une erreur sur une candidature écartée ne se voit jamais. Le droit européen suit d'ailleurs cette logique et encadre les usages selon leurs conséquences, ce que détaille notre article sur ce que le droit européen encadre.

Deux questions. Elles suffisent à trier les projets sérieux.

Ce que cet article ne fait pas

Il n'explique ni les réseaux de neurones, ni l'apprentissage profond, ni l'architecture des modèles. Ces notions sont passionnantes et ne changent rien à la façon dont vous utiliserez ces outils.

Il ne dresse pas de panorama du marché ni de calendrier des évolutions à venir, qui seraient faux dans six mois.

Ce qui se transmet, c'est de savoir dans quelle famille ranger ce qu'on vous présente, et quelles deux questions poser ensuite. Nous le travaillons en formation, en présentiel sur deux jours, neuf apprenants au maximum par session.

La suite pratique, choisir la première tâche à confier à ces outils, est traitée dans notre article sur par où commencer dans une entreprise.

Regardez le dernier outil qu'on vous a présenté. Demandez sur quelles données il a appris.

En bref

  • L'intelligence artificielle regroupe des programmes qui apprennent des régularités à partir d'exemples au lieu de suivre des règles écrites à la main.
  • Trois familles coexistent : celles qui reconnaissent et classent, celles qui prédisent un nombre avec une incertitude, et celles qui produisent du contenu.
  • La famille générative est la plus récente et la plus visible, parce qu'elle est la seule que l'on utilise en tapant une phrase. Les deux autres travaillent sans se montrer.
  • Ces systèmes n'ont pas conscience d'eux-mêmes, ne comprennent pas ce qu'ils manipulent, et sont incapables de faire une tâche pour laquelle ils n'ont pas été entraînés.
  • Les biais viennent des données d'apprentissage : un système calé sur les décisions passées les reproduit, vite et régulièrement, ce qui amplifie leurs travers.
  • Deux questions suffisent devant n'importe quel système : sur quelles données a-t-il appris, et que se passe-t-il quand il se trompe.
  • France IA anime cette montée en compétence en présentiel sur deux jours, neuf apprenants au maximum par session, pour 1 650 € TTC, tarif unique.
  • France IA est certifiée Qualiopi N°FRCM25066. La certification qualité a été délivrée au titre de la catégorie d'action suivante : ACTIONS DE FORMATION. Déclaration d'activité 11757121375. La formation prépare la certification RS6891 portée par Certifopac, condition de l'éligibilité au CPF.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'intelligence artificielle, simplement ?

Un ensemble de programmes qui apprennent des régularités à partir d'exemples au lieu de suivre des règles écrites à la main. Ce sont trois familles distinctes : celles qui reconnaissent, celles qui prédisent, et celles qui produisent du contenu.

L'IA est-elle une machine qui pense ?

Non. Ces programmes n'ont ni conscience d'eux-mêmes ni compréhension de ce qu'ils manipulent. Ils repèrent des régularités dans des données et les appliquent. Un système entraîné à une tâche est incapable d'en faire une autre sans un nouvel entraînement.

Quelle est la différence entre IA et IA générative ?

L'IA générative est une branche récente qui produit du contenu neuf. Elle est minoritaire : l'essentiel des systèmes en service reconnaissent, classent ou prédisent sans rien produire, comme un détecteur de fraude ou un moteur de recommandation.

D'où viennent les biais d'un système d'IA ?

Des données d'apprentissage et des variables corrélées avec elles. Un système calé sur les décisions passées d'une organisation reproduit ces décisions, y compris leurs travers, et il le fait de façon régulière et rapide, ce qui amplifie l'effet.

Faut-il comprendre la technique pour utiliser ces outils ?

Non, et c'est même une distraction. Ce qu'il faut savoir tient en deux points : sur quelles données le système a appris, et ce qui se passe quand il se trompe. Ces deux questions se posent sans connaissance technique et décident de tout le reste.